« Ça me brise le cœur de voir mon enfant en pleurs chaque matin » — voici la phrase qui revient régulièrement à la rentrée. Maman et enfant, nous sommes reliés : l'un et l'autre, nous ressentons et absorbons les émotions de l'autre.
Une mécanique bien réelle, pas une fatalité
Ce n'est ni de la magie, ni un échec de parentalité : c'est une mécanique bien réelle, documentée dès les premiers mois de vie. Un tout-petit ne sait pas encore calmer seul ses propres émotions, il a besoin d'un adulte calme à proximité pour apprendre, petit à petit, à se calmer lui-même. Un peu comme s'il empruntait, le temps de grandir, le système nerveux de sa maman pour stabiliser le sien.
Ça ne veut aucunement dire qu'une maman est responsable de chaque pleur ou de chaque colère de son enfant. Ça veut simplement dire que les deux systèmes nerveux communiquent en permanence, dans les deux sens, un peu comme deux violons accordés sur la même note, placés dans une même pièce : pincez une corde du premier, la corde équivalente du second se met à vibrer, sans qu'on l'ait touchée.
Un enfant n'a aucun besoin qu'on lui explique ce qu'on ressent pour le percevoir. Il le capte, il y répond dans son corps et dans son comportement, bien avant de savoir le nommer.
Ce que ça change au quotidien
Le matin, au moment de la séparation devant l'école, ce sont souvent nos pensées qui s'emballent en silence : est-ce que ça va bien se passer aujourd'hui ? Est-ce que la maîtresse ou le maître sera bienveillant avec lui ? Est-ce qu'il/elle se fera des amis, ou est-ce qu'il pourrait au contraire se faire embêter, voire harceler, sans que je le sache tout de suite ?
Ces pensées ne se voient pas forcément : on garde le sourire, on parle doucement, on dit "à ce soir mon cœur". Mais l'enfant, lui, capte ce qui se passe derrière ce sourire, et ça peut suffire à transformer une simple séparation en un moment plus difficile, pour lui comme pour nous.
Ce climat intérieur ne se limite pas au moment de la séparation : le stress qu'on retient, l'inquiétude qu'on tait, imprègnent aussi le reste du quotidien. Et c'est souvent là, dans des moments plus ordinaires : une soirée tendue à la maison, une journée de travail trop pleine, que l'enfant décompense : une colère qui explose sans raison apparente, des pleurs qui semblent disproportionnés, une opposition qui vient de nulle part.
L'enfant ne réagit pas qu'à ce qu'on lui dit. Il réagit aussi à ce qu'on vit, à l'intérieur et c'est une bonne nouvelle : ça veut dire qu'on n'a aucun besoin d'être une maman parfaite ou de tout contrôler pour l'aider, juste d'apprendre à s'occuper un peu de soi.
Reconnaître ce qui vibre en toi
Avant de chercher à apaiser son enfant, il y a une étape que je trouve précieuse : prendre un instant pour soi, et regarder ce qui, chez soi, est en train de vibrer un peu fort. Non pas pour se juger, mais parce que c'est souvent le chemin le plus direct pour retrouver, ensuite, du calme à deux.
Prends un instant. Pose-toi ces questions honnêtement :
- Qu'est-ce que je ressens, la plupart du temps, avant même que la journée commence à mal tourner, du stress, de la colère retenue, de la tristesse que je ne me suis pas autorisée à regarder ?
- Est-ce que je masque cette émotion derrière un sourire ou une voix posée, en espérant que ça suffise ?
- Si je m'autorisais à apaiser vraiment cette émotion-là, chez moi, qu'est-ce qui changerait pour mon enfant ?
Ce simple temps d'arrêt suffit souvent à voir plus clair sur ce qui se rejoue, jour après jour, dans les pleurs, les crises ou les tensions de son enfant.
Un changement qui se voit le jour même
Je me souviens de mamans qui sont venues me voir, avant tout pour apaiser leur propre stress, sans forcément faire le lien avec leur enfant au départ. Et à chaque fois, le même constat : dès que la maman retrouve un peu de calme en elle, l'enfant le ressent, et son comportement s'apaise avec.
Ce n'est pas spectaculaire. Et souvent, dès le soir même, la maman se sent déjà plus détendue. Et la séparation qui suit, le lendemain matin, se fait plus doucement, sans qu'on ait eu besoin de forcer quoi que ce soit.
La plupart du temps, ce qu'une maman vient chercher, c'est simplement apprendre à réguler ces émotions, à retrouver du calme, avant même de parler d'émotions anciennes ou profondément ancrées. C'est souvent suffisant pour que la séparation et le quotidien deviennent plus légers. Parfois, ces émotions peuvent être plus ancrées, dans le corps, dans les habitudes. Que ce soit l'une ou l'autre, l'hypnose thérapeutique est un très bon outil pour apprendre à se réguler ou à défaire ce qui résiste.
Dans les deux cas, apprendre à retrouver ce calme, c'est aussi apprendre à l'offrir à celui ou celle qui vibre à côté de toi.
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Joanna
Praticienne en hypnothérapie à Tours, spécialisée dans l'accompagnement des femmes et de la parentalité.
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